Pédagogie

La question de l’intériorité dans l’architecture

Si le terme « architecture extérieure » n’existe pas, c’est peut-être parce qu’il ne réfère à aucune réalité.
Si en revanche, « l’architecture intérieure » ou « l’architecture d’intérieur » existe, c’est pour signifier une spécificité qui passe parfois pour une moindre qualité. Mais à la réflexion, l’intériorité ne renvoie-t-elle pas à bien plus ? N’indique-t-elle pas une généralité qui ne se voit pas ?

Par exemple, jamais les architectes (à l’exception des mauvais) n’osent concevoir leurs constructions en dehors de tout contexte, comme séparées de tout, déconnectées d’un ensemble. En fait, « intérieur.e » manque à l’architecture quand on la désigne seule. L’architecture n’est pas souveraine, elle œuvre toujours à l’intérieur de quelques chose. L’architecture est dans l’urbain, l’environnement, le paysage. L’urbaniste est dans le territoire. Le designer œuvre aussi dans les espaces, des volumes. Qui prétendrait créer à l’extérieur, à côté, dans l’indifférence du contexte, des autres et de l’environnement ?
« On est toujours au milieu de quelques chose » écrivait Deleuze.


Archive-tecture

C’est par la résistance d’un crayon sur une feuille de papier, sur les paramètres de calcul d’un logiciel, dans l’hésitation d’une ligne qui peine à se résoudre, un mot qui résiste à la représentation, une mise en perspective laborieuse, des informations contradictoires impossibles à synthétiser, une mise en volume problématique,… C’est en pratiquant des choses aussi diverses que se fait l’architecture.
C’est par un laborieux travail de l’archive autrement dit que se définit son domaine d’action.
Dans son livre Mal d’archive, Jacques Derrida définit L’arkheïon des grecs anciens, comme un lieu où sont entreposés des textes de loi, les commandements. Une sorte de maison de magistrats, un lieu qui archive en somme. Il apparaît dés lors que sous l’emprise du projet, l’architecte ne peut éviter de remettre en jeu l’étymologie de l’architecture, son essence même, sa vérité. Qu’est-ce que ce métier censé mobiliser le plus de matière possible comme le rappelait Hegel, et qui pourtant ne se passe jamais d’archive, de papier, de document, de règle, de norme ? Bref l’architecture est un ogre quand elle emploie autant de matière que de symbole. Être architecte, c’est œuvrer toujours dans l’archive-tecture.


Entreprendre une philosophie du problème

Pourquoi une philosophie du problème ?
Parce qu’on a toujours tendance à aborder les problèmes comme si nous voulions qu’ils n’existent plus. Ce qui présente une aporie car peut-on réellement se passer des problèmes?
Y a-t-il une vie possible sans problème et si elle existait voudrions-nous vraiment la vivre?
Premier postulat : il n’y a pas de politique, il n’y a pas d’art, pas d’amour, pas de vivre ensemble sans problème.
En politique comme en amour parfois, le problème c’est l’autre. Or pourquoi vouloir faire sans l’autre quand on sait de manière théorique qu’il y aura toujours une altérité. Par conséquent comme faire avec l’autre ?
Anéantir cet autre, c’est en définitive en créer un autre qui le remplacera.
Deuxième postulat : vivre avec l’autre.
Cet autre, chacun l’invente pour soi en somme, il est notre reflet sinon nous aurions fini par fusionner, ne faire qu’un dans l’indistinction la plus totale. Cet autre, nous sommes son reflet également. Nous nous sommes rencontrés et cette rencontre a un sens, c’est le sens d’une histoire. Histoire mythique du maître et du servant de Hegel.

Autant choisir son autre ou comme disent les maîtres en stratégie choisir son ennemi.

Il se pose donc une question qui est celle de savoir si le problème ou autrement dit l’autre, est inclus par défaut à la structure de notre subjectivité (Hegel). Qu’est-ce que veut dire alors se poser des problèmes ? Rechercher des problèmes ?

Troisième postulat : La solution

Résoudre un problème, c’est le déplacer ou créer un système suffisamment restreint pour en limiter les effets. La solution est un périmètre.

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